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Tu es
… un vent flottant léger ou
une bourrasque folle,
Un
rayon printanier posé sur mon épaule,
L’amour
à tout instant qui chantonne ou se terre,
Le
sanglot lancinant de l’absence d’un
père.
Je
n’ai connu que lui, ce surhomme, ce dieu ;
Nos
âmes insensées brûlent du même
feu,
Mais
au même bûcher elles ne périront point :
Déjà
mes pas m’emportent vers un autre chemin.
Sur
toi tu n’as pas eu cette puissance maîtresse
Qu’au
réveil de ta vie tu découvres faiblesse ;
Ce
désarroi soudain qui fait trembler tes cieux :
S’il
n’est point de héros, qu’en est-il des
dieux ?
Ton
Ulysse nageait, attirant les sirènes,
Tandis
que Pénélope tricotait de sa peine
Une
voile de larme, une barque d’épines
Pour
sauver ses enfants, et elle ployait l’échine.
Le
cœur d’une mère contient
l’âme du monde :
Une
brise légère, un filet de secondes…
L’océan,
les étoiles, les gouttes de rosée,
Les
sables des déserts où elle vous a
guidés
Ont
imprégné ta peau de moiteurs sucrées
Et
tes yeux du reflet des phares qui l’ont trompée.
L’amour
est ce mystère que seul Dieu féconde
Quand
il désigne ceux qui entrent dans la ronde.
Mon
cœur s’est ému aux battements du tien ;
Pareil
au papillon que la chenille devient,
Des
ailes m’ont poussé que je ne
soupçonnais
Et
j’ai connu le goût de vouloir être
aimée,
De
devenir l’Héra d’un Olympe
nouveau…
Mais
Zeus, comme Ulysse, comme toi Lalao
Craignit
son ascendance et cette hérédité
D’avoir
vivant en lui ce fuyard insensé :
C’est
ainsi qu’il quitta l’amoureuse éperdue
Sur
la pointe des pieds, comme font les intrus…
…Vois
donc ta Pénélope tissant le fil du temps
Des
rires ou bien des pleurs qui coulent en t’attendant.
Christabel
Desbordes,
Septembre 2001
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